Romain Gary, huile sur toile de William Mathieu, 140 x 90 cm, 2012

mardi 31 août 2010

Où sont les femmes ?


Pour son numéro 500, Le Magazine littéraire du mois de septembre s'intéresse non seulement à la rentrée littéraire mais aussi aux femmes de lettres françaises. Presque 40 pages sur les femmes écrivains de Mme de Lafayette à Marie N'Diaye, en passant par George Sand,  Colette, Sagan, Angot mais aussi Violette Leduc ou la géniale Hélène Bessette. Sans pour autant vouloir relancer le vieux débat sur la question de l'existence ou non d'une écriture féminine, un dossier que je conseille donc aux amoureux des mots quels que soient leur sexe. Un oubli de taille : pas un mot sur Chloé Delaume, pourtant une des plumes féminines les plus originales de ces dernières années.  

Ici, vous trouverez l'édito et le sommaire détaillé.

dimanche 29 août 2010

« Flush. Une biographie » de Virginia Woolf (Le bruit du temps)

Une vie de chien, c'est pas si mal : la preuve avec cette biographie du chien de la poétesse Elizabeth Browning. Quand la vie de l'épagneul est racontée à odeur de truffe par la grande Virginia Woolf, il semble déplacé de parler d'une oeuvre mineure. 


Un succulent petit livre donc, qui se savoure avec recueillement, délectation et en plusieurs fois, comme un bonbon anglais qui n'a l'air de rien comme ça mais qui est redoutable si l'on n'a pas de bonnes dents - aux vieilles dames à dentier je conseille de s'abstenir et les autres, vous pouvez vous régaler !

"Il est naturel qu'un chien toujours couché avec la tête sur un lexique grec en vienne à détester d'aboyer ou de mordre; qu'il finisse par préférer le silence du chat à l'exubérance de ses congénères et la sympathie humaine à toute autre."

"Une fanfare souleva en Flush des instincts plus profonds, battit le rappel d'émotions plus sauvages et plus fortes qui, transcendant soudain tout souvenir, confondirent pour lui, anéantirent herbe, arbres, lièvre, lapin, renard en un seul hurlement d'extase féroce. La torche de l'amour fulgura dans ses yeux ; le cor de Vénus chasseresse éclata contre son oreille. Encore presque chiot, Flush était déjà père."

Plus d'informations sur ce livre ici




Quelques extraits pour vous mettre l'eau à la bouche :

samedi 28 août 2010

« Le Bruit et la fureur » de William Faulkner

Un roman magnifique qui porte bien son titre.


Attention : lecteur inattentif et adepte des lectures faciles et divertissantes où l'auteur te prend par la main en surlignant les actions d'un coup de violon et qui fait régulièrement un rappel des épisodes précédents, passe ton chemin. Avec Faulkner, on n'est pas sur l'autoroute balisée menant au fast-food de la littérature à emporter. Il faut s'accrocher pour gravir à mains nues cette montagne mais quand on arrive au sommet, on est récompensé au centuple par la profondeur du champs de vision qui s'offre à nous. Un conseil de lecture : faites vous un petit arbre généalogique avec repères chronologiques dès le début, ça vous aidera par la suite à vous y retrouver.
Amour, sexe, folie, histoires de famille, mort sont au coeur de ce roman dans lequel les destins cabossés des personnages se répercutent les uns sur les autres et ce sur plusieurs générations. Tout comme Carson Mac Cullers, autre écrivain sudiste, c'est l'envers de l'Amérique que nous met sous les yeux le génial Faulkner. 
J'envie ceux et celles qui ne l'ont pas encore lu car ils sont au seuil d'un choc littéraire comme on en connaît peu dans une vie de lecteur.

vendredi 27 août 2010

Jean Manatane dans l'émission littéraire "Entre guillemets"

Jean Manatane présente "Mon humour fascinant" lors de la fameuse émission "Entre guillemets":

Régis JAUFFRET : « Sévère » (Gallimard)

Bien que je ne sache toujours pas trop quoi penser de Régis Jauffret ( ayant adoré "Clémence Picot", très moyennement apprécié les quelques nouvelles de "Microfictions" que j'avais lues et été assez rebutée par le projet de "Lacrimosa"), je dois reconnaître que "Sévère" m'a entièrement conquise. Livre lu d'une traite, en un après-midi. Il faut oublier le fait divers, l'histoire de la prostituée et du banquier suisse et se laisser porter par l'écriture au scalpel. Plus que de sexe ou de meurtre, il est ici question de pouvoir et d'amour et le bourreau (si bourreau il y a) n'est jamais là où on le croit.


Extrait :
« Le temps nettoie la mémoire. Un tableau dont le vernis avait bruni. Un décapage sans état d'âme. La vérité apparaît alors aussi nette qu'une peinture de Jérôme Bosch. »



mardi 24 août 2010

Le Tribunal des flagrants délires

Parce que nous sommes des millions d’enfants de l’aube… écoutons Desproges (le plus littéraire des humoristes) parler de P.P.D.A :



lundi 23 août 2010

L'usager idéal selon Umberto Eco

"Idéalement, l’usager devrait être interdit de bibliothèque ; en admettant qu’il puisse y pénétrer – jouissant de manière périlleuse et antipathique d’un droit obtenu en vertu des principes de 89 mais qui reste encore étranger à la sensibilité collective -, en tout état de cause il ne doit et ne devra jamais, sauf à traverser rapidement les salles de consultation, avoir accès aux arcanes des travées."




« Comment voyager avec un saumon. Nouveaux pastiches et postiches », Umberto Eco, p.184-185.

vendredi 20 août 2010

« Fictions » de Jorge Luis Borges (Folio)

Il est des livres à part, qui n’appartiennent à aucune catégorie, prennent un malin plaisir à sortir du cadre, à repousser les limites, celles de la classification Dewey et bien d’autres… « Fictions » est de ceux-là.
On pourrait dire que c’est un recueil composé de 17 nouvelles, elle-mêmes composées des mêmes 25 signes (les 22 lettres de l’alphabet, l’espace, la virgule et le point). On pourrait aussi dire que l’auteur était un argentin, directeur de la bibliothèque nationale de Buenos Aires, accessoirement aveugle. Dans cet indispensable livre, la réflexion sur la mémoire, la bibliothèque, ou encore le rêve est poussée jusqu’aux limites de notre entendement. Obsédé par le concept d’infini et de monde clos (labyrinthe, ruines circulaires, bibliothèque, etc.), Borgès donne le vertige à son lecteur.


J’ai pour principe de ne pas relire, du moins pas déjà, car je trouve que 32 ans c’est trop jeune pour relire mais « Fictions » est des très rares livres que je relis.
Les nouvelles que je préfère dans ce recueil : « La bibliothèque de Babel », « Pierre Ménard, auteur du Quichotte », « Les ruines circulaires », « Funes ou la mémoire », « La loterie de Babylone ».

mercredi 18 août 2010

Babelio : le réseau social où l’on parle de livres et rien d’autre

Babelio est un site incontournable pour ceux qui aiment les livres et qui veulent en parler sur Internet.
On peut tout d’abord y « ranger » sa bibliothèque, virtuellement bien sûr, et ce en quelques clics. Ensuite, on s’y fait des « amis » et on créé des liens autour d’un amour commun pour un livre, un auteur ou un genre. Les messages échangés peuvent être publics ou privés. Les contributions des internautes babéliens sont de différentes natures : critiques de livres (éventuellement le début de la critique et la suite sur son blog ), citations, mais aussi informations sur la biographie des auteurs ou vidéo. Régulièrement, Babelio propose, en partenariat avec des éditeurs, d’envoyer un livre à un blogueur littéraire en échange d’une critique dans un délai d’ un mois sur ledit blog. J’ai été agréablement surprise de constater qu’à côté des très gros éditeurs comme Albin Michel, des éditeurs plus petits et plus audacieux comme Monsieur Toussaint Louverture participaient également : c’est ainsi que j’ai reçu le très beau « Zuleika Dobson » de Max Beerbohm.

Quelques critiques à propos de Babelio tout de même :
Si jusqu’à 300 livres c’est entièrement gratuit, ensuite c’est payant : or, j’ai pour principe de ne pas débourser un euro pour mes activités d’internautes et je suis déjà à 300 livres, je dois donc enlever des livres pour en mettre d’autres.
La fonction « si vous aimez… vous aimerez » ne me paraît pas du tout pertinente : conseiller « Harry Potter » à un amateur de Virginia Woolf me laisse des plus sceptique.
Certaines personnes n’utilisent pas la fonction « privée « et par conséquent on se retrouve face à des messages qui ne nous sont pas destinés.
Bien entendu, là-bas comme ailleurs Katerine Pancol est omniprésente, tout comme Stephenie Meyer, mais j’ai quand même mis la main sur 11 lecteurs de Jean-Pierre Martinet.

A signaler pour les bibliothécaires : « Babelthèque » qui permet aux bibliothèques d’enrichir leurs OPAC et leurs sites Internet en important le contenu produit par les membres de la communauté de lecteurs.

lundi 16 août 2010

"Augustus Carp esq. par lui même ou l'autobiographie d'un authentique honnête homme" de Sir Henry Howarth Bashford (Libretto, Phébus)

Ce succulent petit livre est le récit autobiographique d’un authentique « gentleman chrétien », tel qu’il se définit lui même : avec son père, il lutte de toutes ses forces contre le vice, l’adultère, l’alcool, la musique, la danse, le théâtre un peu trop léger avec des comédiennes un peu trop dévêtues. Dans l’Angleterre du début du XXème siècle, le lecteur ébaubi assiste à la naissance d’Augustus, puis à son adolescence difficile (problèmes gastriques et dermatologiques), avant qu’il n’entre dans l’âge d’homme plus épanoui que jamais en même temps que dans sa carrière commerciale et religieuse.



Dans ce livre, vous trouverez aussi un révérend nommé Eugene Cake qui a écrit « Grinceurs de dents », une tripotée de jumelles et triplettes prénommées Foi, Charité, Tact et j’en passe, toutes plus laides les unes que les autres, ainsi que leur frère à tête de singe, une femme qui après avoir été la servante de son mari et de son fils s'émancipe sur le tard au grand dam de ce dernier, et j'en passe.


Un livre à l’humour très anglais, proche de « Zuleika Dobson » de Max Beerbohm critiqué ici ou d’un Oscar Wilde (dans ses pièces). Un très bon moment de lecture, frais et léger, le tout porté par le style impeccable de Bashford qui n’a pas peur de l' imparfait du subjonctif quand l’occasion se présente. Merci Seb pour ce beau cadeau d’anniversaire !







Extrait :
"...j'étais loin de penser, alors que je tâtonnais pour trouver la porte, que je n'avais pas encore abordé la dernière station de mon chemin de croix. Car, à peine arrivé à la grille du jardin de Mon repos, plutôt en meilleure forme que je ne l'escomptais, j'aperçus un tramway, surchargé à la limite de sa capacité légale, qui s'en approchait en cahotant sur les rails. Un seul coup d'oeil au véhicule gorgé de femelles et dont les flancs étaient distendus par les bagages suffit à me paralyser d'horreur, quoique moins pour mon compte personnel que pour celui de mon père, qui était debout sur le pas de la porte, pétrifié. Il poussa un cri du pathos le plus extrême et, tandis que les huit soeurs de ma mère mettaient pied à terre, tomba à plat ventre sur l'allée du jardin pour ne plus jamais se relever.
C'en était trop pour moi aussi. Ebranlé au plus profond de mes fondations intimes, je tournai le dos à cette marée inexorable de femelles parlant gaélique et m'effondrai au côté de mon père, mais tête-bêche."

dimanche 15 août 2010

« La promenade au phare » de Virginia Woolf (traduit par M. Lanoire)

Quand un simple projet de promenade au phare cristallise toutes les désillusions, les peurs, rancoeurs et désirs inassouvis des membres d'une famille et de son entourage proche ... on est dans un chef d'oeuvre de Virginia Woolf, ou plutôt devrais-je dire un de ses nombreux chef d'oeuvre. Roman sur l'art (la souffrance de Lily, peintre qui n'arrive jamais à fixer sur la toile la richesse du tableau qu'elle a dans la tête), la conscience du temps qui s'écoule (dans la lignée de Proust, auteur adoré par Woolf et qui lui donnait même des complexes), mais aussi sur l'amour, l'enfance et la mort.
Dans ce très beau roman écrit à 45 ans et qu'elle considérait elle-même comme son livre le plus réussi, Virginia Woolf rend également un hommage à peine détourné à sa mère disparue à travers le personnage de Mrs Ramsay : c'est elle le vrai phare du livre, lumineuse et bienveillante.



Extrait :
« Ainsi, toutes les lampes éteintes, la lune disparue, et une fine pluie tambourinant sur le toit, commencèrent à déferler d'immenses ténèbres. Rien, semblait-il, ne pouvait résister à ce déluge, à cette profusion de ténèbres qui, s'insinuant par les fissures et trous de la serrure, se faufilant autour des stores, pénétraient dans les chambres, engloutissaient, ici un broc et une cuvette, là un vase de dahlias jaunes et rouges, là encore les arêtes vives et la lourde masse d'une commode. Non seulement les meubles se confondaient, mais il ne restait presque plus rien du corps ou de l'esprit qui permette de dire : "C'est lui" ou "C'est elle." Une main parfois se levait comme pour saisir ou pour repousser quelque chose ; quelqu'un gémissait, ou bien riait tout fort comme s'il échangeait une plaisanterie avec le néant. »

"Journal : 1973-1982" de Joyce Carol Oates (Editions Philippe Rey)


Ce qui fait l'intérêt des journaux d'écrivains c'est ce qu'ils disent sur les oeuvres en cours d'élaboration: comment naît un roman ou une nouvelle? Souvent par un rêve pour Joyce dont elle sélectionne ensuite certains éléments. L'activité onirique est omniprésente dans son journal et elle rêve même de ses personnages qui viennent la supplier de les reprendre, de donner une suite à leur vie.

Un journal révèle aussi une personnalité que l'on devine parfois mal dans les romans: Joyce Carol Oates, la femme paraît beaucoup moins pessimiste, sinistre, glauque et perturbée que J.C.O, l'écrivain. Au contraire, elle a l'air d'une femme équilibrée, ouverte, sympathique, drôle et ironique, curieuse de tout, elle a des jugements très nuancés sur les gens, les choses et les oeuvres littéraires des autres (ce qui est rarement la cas des journaux). On voit aussi à quel point son travail de prof de fac lui plaît et tout ce que lui apporte le contact avec les étudiants. Bien entendu, j'ai du mal à lire le journal d'une femme écrivain sans penser à celui de Virginia Woolf (dont je sais que Oates est fan pour l'avoir lu dans un interview) et je dois dire qu'elle ne souffre pas de la comparaison.

Encore plus intéressant à lire quand on connaît (un peu) l'oeuvre de Oates, qu'on s'intéresse aux années 70 aux USA, et que l'on est une femme qui essaye d'écrire.

Remarquable travail d'édition de Philippe Rey : notes en bas de pages éclaircissant des points biographiques ou des références littéraires, recontextualisation de la carrière et de la vie de l'auteur en préambule à chaque année, index des noms propres (où l'on voit qu'une des personnes les plus citées, à part son mari et quelques contemporains est Virginia Woolf). Un excellent moment de lecture.

Les autres livres lus de J.C.O (par ordre de préférence):
"Blonde" ; "Haute enfance" ; "Le pays des merveilles" ; "Fille noire, fille blanche" ; "Sexy" ; "Hantises" ; "Un amour noir" ; "Délicieuses pourritures".






jeudi 12 août 2010

"L'Ombre des forêts" de Jean-Pierre Martinet (La petite vermillon)


Céleste est femme de ménage chez un vieil homme aigri et solitaire qui vit reclus: il ne lui adresse jamais la parole, ne lui donne même pas d'ordre, à part la liste des courses (surtout le whisky ). Elle trompe son ennui dans le pastis et le nettoyage compulsif inutile. Quant à Rose Poussière, ne lui dîtes pas qu'elle a 70 ans, elle est persuadée d'en avoir 40 tant il est vrai que sa première identité, Mademoiselle Edwina Steiner est morte dans les camps de concentration à l'âge de 30 ans. Comme tous les personnages de Martinet, elle crève de solitude et flirte avec la folie (elle est persuadée qu'elle grésille sous la pluie et à cause de ça n'ose pas sortir de l'hôtel où elle habite).
Ce roman est superbe mais superbement noir, pas un rai de lumière dans les romans de Martinet et pourtant ça sonne vrai et ça résonne profondément en moi, comme un écho à des sensations familières. Quand on connaît un peu la vie de Martinet, on lit autrement ses textes où il a mis beaucoup de sa souffrance et une sorte de tendresse déçue, une volonté d'humanisme qui se heurterait à une réalité impitoyable. Du coup, lire du Martinet est une expérience très étrange car on aime être mal dans ses pages, comme une sorte de délectation morbide mais nécessaire et pas malsaine.
La force de Martinet c'est son style qui est sûrement très réfléchi et travaillé et pourtant l'écriture coule avec une fluidité déconcertante et on ne peut s'arrêter de lire une fois commencé (heureusement le livre est composé de petits chapitres permettant de reprendre son souffle). Par instant, on s'arrête sur une phrase qui nous met un coup de poing dans l'estomac et on la relit et on se dit "c'est terrible, terriblement pessimiste mais c'est vrai".

Extrait :
"Aucune douce lumière. Ni atroce blancheur de ciel. Se coudre les paupières, avec du fil de fer, comme l'on faisait autrefois avec les éperviers sauvages. Ne plus supporter cette saloperie qui me nargue, et continue à me cracher à la figure son immonde lumière jaunâtre, épaisse, gluante, du pus. Pas sommeil. Inutile d'insister. Heureusement qu'il me reste une bouteille de Saint-Emilion".




samedi 7 août 2010

"Laissez-moi " de Marcelle Sauvageot (Phébus)

"Laissez-moi " de Marcelle Sauvageot est un court texte autobiographique magnifique qui date de 1930 mais qui n’a pas pris une ride. C'est la lettre qu’ une femme quittée adresse à l'homme qu'elle aimait et qui vient de lui annoncer qu’il en épouse une autre, alors qu'elle est atteinte de tuberculose et qu’elle rejoint un sanatorium. Ce qui est admirable dans ces pages c’est que nous ne sommes ni dans le pathos, ni dans l’apitoiement mais au contraire dans un sursaut de vie et d’orgueil, le tout porté par une saine revendication féministe. La fin du livre est d’autant plus belle que l’on sait que cette femme est morte quatre ans plus tard, à seulement 34 ans, preuve qu’il est des êtres pour qui la pulsion de vie est plus forte que tout, et ce, jusqu’au bout :
« Danser, c’est le rythme de vie le plus heureux ; danser quand on croyait le plus le faire, c’est une victoire gagnée. Légèrement grisée par ce rythme, près de mon danseur d’un soir, qui demain aura oublié cette veille, je suis montée lentement jusqu’à ma porte ; et nous nous sommes quittés après un baiser sans rien nous dire. »