Romain Gary, huile sur toile de William Mathieu, 140 x 90 cm, 2012

jeudi 15 décembre 2011

« Fatima ou les Algériennes au square » de Leïla Sebbar (éditions Elyzad)



Un mot tout d’abord sur la maison d’édition Elyzad : il s’agit d’une maison d’édition tunisienne née en 2005 à Tunis qui met au cœur de sa ligne éditoriale l’ouverture et le métissage. Elle publie de la fiction, romans et nouvelles, souvent axés sur les sociétés arabes mais pas seulement. Si le printemps arabe vous a donné envie de mieux connaître la culture et la littérature du Maghreb, le catalogue de cette maison d’édition vous donnera de belles pistes de lecture.

L’auteur est née en Algérie d’un père algérien et d’une mère française. Elle vit aujourd’hui à Paris. Elle a publié une trentaine d’ouvrages (romans, nouvelles, essais, recueils collectifs) où elle explore en particulier les thèmes de l’enfance, de l’immigration, de l’histoire coloniale.  


Dans ce roman, on découvre Fatima et ses amies Algériennes immigrées en France qui se retrouvent au square avec leurs enfants et partagent leur petites joies et leurs grands malheurs. Au centre du roman, il y a surtout Dalila, la fille de Fatima. C’est une jeune fille intelligente qui travaille bien à l’école et que sa mère voudrait voir devenir institutrice. Volontaire et têtue, quand elle apprend le judo dans la cour de la cité avec son frère aîné et d’autres garçons malgré le fait qu’on lui interdise. Elle tente de s’émanciper à coups de virées à Paris avec une copine le mercredi (rien de bien méchant) mais le paye très cher puisque son père la frappe. Séquestrée depuis huit jours dans l’appartement familial, elle a décidé de quitter sa famille dès le lendemain. Dommage que le roman s’arrête avant et que l’on ne sache rien de ce qu’il adviendra de Dalila, même si en quatrième de couverture il est dit qu’« elle a décidé de gagner ».

Un roman intéressant qui dresse le portrait (très noir, trop noir peut-être) des relations familiales dans les familles d’origine maghrébine (il faut que je dise ici que j’ai beaucoup lu et même enquêté sur le sujet lors de ma maîtrise et de mon D.E.A. de Sociologie il y a une dizaine d’années). Malgré les douleurs non dites et la violence, on sent quelques moments de répits et de douceur dans ces rapports familiaux très complexes emprunts de maladresses et de culpabilité.

Un rendez-vous à signaler si vous êtes en région parisienne le samedi 28 janvier 2012 à  15h : la librairie La Traverse à La Courneuve accueillera Leïla Sebbar pour une rencontre avec les lecteurs.

1 commentaire:

  1. J'ai apprécié ce livre qui éclaire les violences actuelles

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