Romain Gary, huile sur toile de William Mathieu, 140 x 90 cm, 2012

mardi 20 décembre 2011

Revue Capharnaüm (éditions Insomniaques)

J’ai déjà parlé ici de la revue Capharnaüm des éditions Finitude : il se trouve qu’il y a une autre revue qui porte le même nom, éditée elle aussi par une petite maison d’édition intéressante : les Insomniaques. Ce Capharnaüm là c’est une revue bisannuelle façonnée à la main et éditée à 200 exemplaires qui entend mêler illustrations et littérature autour du thème de la révolution dans ce cinquième numéro.

Au sommaire de la revue, un seul écrivain que je connais déjà : Christophe Esnault, l’auteur d’« Isabelle à m’en disloquer » et la moitié du duo Le Manque dont je vous ai gratifié ici il y a quelques jours de son tube « Mourir à Chartres ». Pour les autres (auteurs et illustrateurs), je n’en ai jamais entendu parler et je découvre leur travail avec curiosité, intérêt, amusement et je dois bien l’avouer parfois aussi perplexité (notamment pour certaines illustrations). 
Si la révolution n’est pas un dîner de gala (sauf peut-être pour Marie-Antoinette dont l’image a été passée à la moulinette du film de Sofia Coppola dans le dessin de Loren), chacun a interprété le thème révolutionnaire à sa façon (politique, social, éducatif, astronomique) sans oublier une bonne dose d’humour (ainsi pour Pascal Koenig qui proclame « Ma révolution sera rigolote ou ne sera pas »).
Avec une inventivité assez remarquable, les contributeurs se sont réappropriés pour mieux les détourner les personnages et symboles révolutionnaires : Danton, Gandi, Jésus, Jaurès, Che Guevara, Marianne, Mao, Staline, les pavés, le bonnet phrygien, le poing levé, les drapeaux, pancarte, affiches…
Il résulte un numéro très riche et cohérent, un bel objet cousu main, tout en rouge, noir et blanc.

Parmi les meilleurs textes de la revue, j’en citerai deux :
« Jésus Che Guevara » de Christophe Esnault est un texte grave et amusant à la fois avec une fin en forme de pirouette comme il sait si bien le faire.
« La foule allait, liquide » est un très bon texte d’Olivier Roussilhe qui parvient à donner du corps à une idée (la révolution) : c’est d’une « déclaration d’amour qui lui retourne le corps » que la ville a besoin pour être révolutionnée. 

Cependant, j’ai trouvé certains textes beaucoup plus faibles. C’est le cas de « Paris s’embrase » de Virginie Troussier qui raconte le Paris révolutionnaire en parallèle avec un chagrin d’amour.

Par contre, je peux dire que mon texte préféré est celui de Gluck intitulé « L’Elsa d’après ». Cette Elsa-là qui n’est pas vraiment celle d’Aragon veut « tout faire péter» et évolue dans un univers apocalyptique où la révolution ne permet pas de changer le monde mais de « plonger l’humanité dans un mouvement définitivement perpétuel ».   

Beaucoup d’illustrations dans cette revue, plus que de textes et même si cela donne une belle revue de création, d’art et de littérature, je ne suis pas forcément très habituée à critiquer des productions visuelles … Je peux quand même citer les dessinateurs dont les illustrations m’ont le plus interpellée et amusée (et ils sont nombreux) : Claire Muth, Mickomix, Jules et Tom, Julien Croyal, Loren, Pascal Koenig, SLip. A vous d’aller voir leurs sites respectifs en suivant les liens ou d’acheter la revue (qui coûte 6 euros plus 4 euros de frais de port) … 

Pour avoir une idée de l’objet, rendez-vous ici.

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