Romain Gary, huile sur toile de William Mathieu, 140 x 90 cm, 2012

vendredi 13 janvier 2012

« La femme gelée » d’Annie Ernaux (Gallimard)


Annie Ernaux explore dans « La femme gelée » ce qu’elle appelle sa « ligne de fille ».  Adolescente coquette, attirée par les choses de l’amour, elle a du mal à trouver sa place au milieu des jeunes filles très comme il faut éduquées pour devenir secrétaire, mettre le grappin sur un homme, avoir des enfants et s’occuper sagement et bourgeoisement de son petit intérieur avec tout les confort moderne de la fin des années 50. Annie, elle, lit beaucoup, rêve de devenir institutrice ou avocate, de vivre des aventures, d’expérimenter. 
Jusqu’à très tard – 25 ans – elle n’est pas consciente du machisme ambiant et de sa restriction de liberté du fait qu’elle est née femme. Elle a envie de voyages en Italie, de longues heures de lecture, de rêveries sur son lit d’étudiante… Et puis elle rencontre un homme qu’elle aime, avec qui elle se marie et fait deux enfants tout en préparant le C.A.P.E.S et en enseignant les lettres au lycée et au collège. C’est alors qu’elle devient femme gelée, coincée dans une vie faite de tâches ingrates à accomplir (repas, vaisselle, course, s’occuper des enfants), tandis que son mari a tout le temps pour lire Le Monde  aller au cinéma ou skier.

Un beau mais triste livre sur la condition féminine, y compris des femmes éduquées des classes … moyennes.

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