Romain Gary, huile sur toile de William Mathieu, 140 x 90 cm, 2012

mercredi 11 avril 2012

L’Angoisse, numéro 1




L’Angoisse, sous-titrée « revue pas jouasse textes images », sort son premier numéro papier après avoir vécu une première vie de revue en ligne. Commençons donc par la description de l’objet. La revue se présente au format de poche, agrafée, elle compte environs 80 pages, est vendue 5 euros et fait la part belle aux illustrations. Parmi celles-ci, j’ai envie de citer pour commencer les quatre très beaux dessins, étranges et dérangeants d’Anne Van der Linden : « Ane dans le bois », « Centauresse », « Brouette » et « Le diable et le Bon Dieu ». Et il y a aussi les contributions de Laura Vasquez, à la fois des photos et des dessins parfois mêlés de textes. Les dessins de Laure Chiaradia, notamment ces têtes assez monstrueuses qui font penser aux excellents dessinateurs de B.D. américains bien barrés tels Charles Burns ou Daniel Clowes. Jean-Marc Renault surprend avec ses portraits déconstruits très expressifs. Enfin, le lecteur est troublé par les illustrations très réussies (mais difficiles à décrire) de Gaspard Pitiot et  d’Ectoplasm.

                                           "Brouette", Anne Van der Linden

Côté textes, commençons par les deux auteurs que je connaissais et appréciais déjà pour les avoir lus ailleurs, dans des revues littéraires mais aussi leurs livres respectifs : Marlène Tissot et Nicolas Albert G. La première qui a habitué ses lecteurs à une écriture simple, délicate et sensible signe ici un beau texte très sombre intitulée « Devenir invisible » sur les errances d’une femme qui boit. Le second qui m’a éblouie il y a quelques jours avec son premier roman « Des fauves » reste dans un registre très glauque avec « A froid », le récit d’une terrible rencontre parents/prof.
Dans ce premier numéro on peut également lire un extrait du délirant roman « Space Giraffe » d’un certain Boris qui donne envie de lire la suite. De même, j’ai aimé le style et l’originalité de « Et l’AUTRE » de Laura Vasquez. Intéressante découverte littéraire aussi avec les textes « Metal dog » et « The game » de Soomiz dans lequel on peut lire cette phrase «A la faveur d’un vent impudique, le béton se met à chanter ». Dire que le texte « Tandis que » de Yannick Torlini se lit facilement serait certes mentir, quant à savoir s’il convient d’aller si loin dans l’expérimentation, chacun jugera... Pour ce qui est de Christophe Siébert, le moins que l’on puisse dire est qu’il faut avoir le cœur bien accroché pour lire jusqu’au bout son texte intitulé « Compassion », mais étant moi-même l’auteur d’un « Familicide », je ne lui jetterai pas la première pierre.  
Au sommaire également, je dois le dire pour être  honnête, des auteurs dont les textes ne m’ont pas convaincue (Mathias Richard, Pascal Batard) et un illustrateur que j’ai moins aimé (Marc Brunier-Mestas avec ses dessins souvent pornographiques et qui pour moi manquent de finesse.)
Au final, un chouette numéro que je veux conseille de vous procurer sur le blog de la revue :  http://www.revueangoisse.blogspot.fr/

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