Romain Gary, huile sur toile de William Mathieu, 140 x 90 cm, 2012

vendredi 27 juillet 2012

"L'agrément" de Laure Mezarigue (Trinôme Editions)







"L'agrément" de Laure Mezarigue, c'est une double découverte pour moi. 
En effet, il s'agit du premier roman (et du deuxième livre puisqu'elle avait publié un recueil de nouvelles en 2010) d'une jeune femme de 35 ans que je ne connaissais pas. 
Ensuite, c'est la première publication des éditions Trinôme, une nouvelle maison d'édition créée à Bordeaux il y a peu (là aussi, je ne connaissais pas le fondateur de cette maison, Clément Chatain).
J'ai donc lu ce roman sans a priori, sans attente spécifique, prête à me laisser happer par l'histoire et l'écriture mais aussi en envisageant l'éventualité de ne pas aimer ce roman.
J'ai lu ce court roman (140 pages) en une fois et avec un réel plaisir. On y découvre une écrivain à l'humour assez mordant et dotée d'une belle sensibilité. 
Son "agrément" est porté par la musique classique qu'écoute son héroïne, Lydia Sarroyan (je ne sais pourquoi mais j'adore ce nom et les noms de personnages sont très importants, comme on le découvre quand on écrit soi-même), jeune inspectrice du travail. Quand débute le roman, sa mission est de contrôler trois personnes employées par une entreprise d'insertion professionnelle pour leur donner un agrément. La rencontre avec ces personnes souffrant de différents troubles psychiques (agoraphobie, T.O.C., dysmorphophobie, cacophasique) la replonge dans ses propres difficultés.
Cette description pourrait faire craindre un trop plein de pathos. Or, il n'en est rien. On rit beaucoup dans ce livre, notamment grâce à ce personnage cacophasique (cherchez la définition dans le dico, vous comprendrez). Le personnage de Lydia est intéressant car complexe et contradictoire. On découvre son histoire et ses blessures au fil des flash-back qui ponctuent le livre. J'ai adoré la fin du roman, que je vous laisse découvrir bien entendu.

Une jolie découverte donc que "L'agrément" de Laure Mezarigue aux éditions Trinôme. Longue vie à elles ! 
 

lundi 16 juillet 2012

Ma bibliothèque idéale


Rédactrice pour La Cause Littéraire, je me suis prêtée au jeu de la bibliothèque idéale... Découvrez donc les 20 livres de ma bibliothèque idéale ici.
Découvrez également les bibliothèques idéales des autres rédacteurs.
Et vous, vous auriez choisi quel livre pour la première place du podium ?

dimanche 8 juillet 2012

Prix Océans : ma lecture de "Malta Hanina de Daniel Rondeau (Grasset)



Daniel Rondeau, diplomate, ambassadeur de France auprès de l’Unesco, écrivain, ayant travaillé dans le milieu de l’édition raconte Malte telle qu’il l’a vécue, telle qu’il l’a rêvé aussi. Sous couvert d’anecdotes historiques souvent passionnantes, c’est à une évocation poétique et autobiographique de l’île qu’il se prête. Le style est au rendez-vous avec une plume légère et enlevée. Seul bémol pour moi : les références un peu trop fréquentes à tous les « grands de ce monde » que Rondeau a côtoyé, voire tutoyé, qu’ils soient écrivains ou hommes politiques.   
Un livre qui ravira les férus d’histoire mais aussi les amateurs d’arts et de littérature … sans compter les amoureux de Malte et les lecteurs en quête d’exotisme.

mercredi 4 juillet 2012

Prix Océans : ma lecture de "Les racines du yucca" de Koulsy Lamko (Philippe Rey)



J'aurais aimé pouvoir apprécier ce roman sur un écrivain africain vivant à Mexico et atteint d'une étrange allergie au papier...
D'abord parce que le motif principal du livre est le pont entre les cultures et les continents, et notamment entre les peuples colonisés et opprimés, voire massacrés.
Ensuite parce qu'un écrivain allergique au papier c'était une promesse d'un bon ressort comique (ou au moins tragi-comique).

Pourtant, je suis bien obligée de dire que je n'ai pas aimé ce livre et ce pour plusieurs raisons.
- Le style de l'auteur m'a paru très inégal, souvent trop relâché et parfois beaucoup trop lyrique, à la limite du ridicule.
- Le message politique est trop appuyé pour être efficace et les propos du narrateur sont parfois plus de l'ordre du discours politique que du roman.
- Les personnage secondaires m'ont semblé très faibles. Je n'ai pas réussi à m'intéresser au destin tragique de Teresa et Léa (sur laquelle l'auteur tente d'écrire un roman)
- J'ai été mal à l'aise face à des descriptions de scènes extrêmement violentes, en particulier à l'encontre des femmes qui pour moi frôlaient la complaisance malsaine (même si je ne doute pas que l'intention de l'auteur était de dénoncer).

Vous l'aurez compris, aucune chance que "Les racines du yucca" obtienne ma voix pour le prix Océans. Par contre, je lis actuellement "Malta Hanina" de Daniel Rondeau et je suis pour l'instant (page 73) conquise...     

dimanche 1 juillet 2012

Prix Océans : ma lecture de « Notre-Dame du Nil » de Scholastique Mukasonga


Le prix Océans, c'est parti : en tant que membre du jury, je dois lire les 12 livres de la sélection. Le premier envoi de livres reçu, j'ai choisi de commencer par la lecture de « Notre-Dame du Nil » de Scholastique Mukasonga (Gallimard, Continents Noirs). Suivront "Les racines du yucca" de Kously Lamko (Philippe Rey) et "Malta Hanina" de Daniel Rondeau (Grasset) puisque j'ai déjà lu le quatrième livre ("Tangente vers l'Est" de Maylis de Kerangal). Il me faudra ensuite choisir mon livre préféré parmi ces quatre-là.



« Notre-Dame du Nil » de Scholastique Mukasonga (Gallimard, Continents Noirs)

L’auteur, rwandaise, rescapée du massacre des Tutsis, nous fait pénétrer dans le quotidien des lycéennes de Notre-Dame du Nil, lycée perché à 2500 mètres de haut, près des sources du Nil,
Modesta, Virginia, Veronica et les autres évoluent dans ce lycée tenu par des religieuses, soucieuses tout comme leurs parents de préserver leur moralité et leur virginité. Les relations entre Hutus et Tustsis mais aussi entre le peuple rwandais et les blancs colonisateurs sont dépeintes avec beaucoup de force et de subtilité. D’un côté, il y a ces jeunes filles pressées d’expérimenter la vie, comme toutes les jeunes filles. De l’autre le poids de la religion et des traditions. Et au milieu, des bouffées d’oxygène avec Fontenaille, par exemple, vieux peintre et anthropologue obsédé par le peuple Tutsi et son origine : un Blanc qui leur fait renouer avec leur racine, elles qui se sentent ostracisées dans leur école.
Et puis la violence sourde qui mène vers le massacre programmé incarné par Gloriosa, jeune fille haineuse qui organise le pire dans son lycée.
A travers le destin tragique de Veronica, c’est à toutes les victimes du massacre que Scholastique Mukasonga rend hommage.
Ce livre nous permet la découverte d’une culture, d’une société, d’une cosmogonie dont la plupart d’entre nous ignorons tout, ainsi que l’approfondissement de l’histoire du Rwanda.
Un très beau roman, de ceux qui élargissent les horizons des lecteurs curieux des autres et du monde.