"L'agrément" de Laure Mezarigue, c'est une double découverte pour moi.
En effet, il s'agit du premier roman (et du deuxième livre puisqu'elle avait publié un recueil de nouvelles en 2010) d'une jeune femme de 35 ans que je ne connaissais pas.
Ensuite, c'est la première publication des éditions Trinôme, une nouvelle maison d'édition créée à Bordeaux il y a peu (là aussi, je ne connaissais pas le fondateur de cette maison, Clément Chatain).
J'ai donc lu ce roman sans a priori, sans attente spécifique, prête à me laisser happer par l'histoire et l'écriture mais aussi en envisageant l'éventualité de ne pas aimer ce roman.
J'ai lu ce court roman (140 pages) en une fois et avec un réel plaisir. On y découvre une écrivain à l'humour assez mordant et dotée d'une belle sensibilité.
Son "agrément" est porté par la musique classique qu'écoute son héroïne, Lydia Sarroyan (je ne sais pourquoi mais j'adore ce nom et les noms de personnages sont très importants, comme on le découvre quand on écrit soi-même), jeune inspectrice du travail. Quand débute le roman, sa mission est de contrôler trois personnes employées par une entreprise d'insertion professionnelle pour leur donner un agrément. La rencontre avec ces personnes souffrant de différents troubles psychiques (agoraphobie, T.O.C., dysmorphophobie, cacophasique) la replonge dans ses propres difficultés.
Cette description pourrait faire craindre un trop plein de pathos. Or, il n'en est rien. On rit beaucoup dans ce livre, notamment grâce à ce personnage cacophasique (cherchez la définition dans le dico, vous comprendrez). Le personnage de Lydia est intéressant car complexe et contradictoire. On découvre son histoire et ses blessures au fil des flash-back qui ponctuent le livre. J'ai adoré la fin du roman, que je vous laisse découvrir bien entendu.
Une jolie découverte donc que "L'agrément" de Laure Mezarigue aux éditions Trinôme. Longue vie à elles !



